Freud imposteur, camé, assoifé d'argent :
x Imposteur :
Il ne cherche pas à t'aider toi. Il cherche à prendre ton argent. ''Les patients c'est de la racaille'', déclara Freud à Ferenczi134 et il ajouta "les patientsne sont bons qu'à nous faire vivre et ils sont le matériel pour apprendre, nous ne pouvons les aider.'' Ferenczi conclut :
"C'est du nihilisme thérapeutique, et, malgré cela, par la dissimulation de ces doutes et l'éveil d'espoirs, des patients selaissent prendre''.
x Camé :
Les lettres de Sigmund Freud à Wilhelm Fliess font inlassablement référence à la drogue,
et à ses effets sur leur rédacteur. Mais celles-ci ont toutes été supprimées de l'édition originelle, après avoir été raturéespar la main d'Anna Freud, la fille de son père qui la psychanalysa, « le fil à plomb de la psychanalyse » qui indiquait àtous la marche à suivre dans la censure.
On ignore la dose et la fréquence avec laquelle Freud l'ingérait ou bien se l'introduisait dans le conduit nasal à l'aide d'unebrosse. On sait seulement qu'à certains moments il s'en badigeonnait copieusement le nez à longueur de journée, alorsque ses courriers devenaient logorrhéiques et incohérents.
--> Ernst Fleischl von Marxow était un ami de Sigmund Freud, qui l'admirait, et un talentueux physiologiste qu'on considérait comme un être d'exception. Une infection contractée à 25 ans obligea à l'amputer du pouce. Les opiacés étaient, à ce moment, la seule réponse possible au névrome — une prolifération nerveuse terriblement douloureuse dans son cas — qui bourgeonna dans le moignon. Le malheureux s'adonna alors à la morphine. Sigmund Freud intervint au printemps 1884, et à l'addiction opiacée il ajouta la dépendance à la cocaïne, deuxième drogue que le Viennois préconisait en injection à son ami pour le soigner de la première. Freud prétendit ensuite, au moment même où il savait Fleischl plus gravement malade depuis près d'un an du fait de ses ½uvres, l'avoir guéri en quelques jours grâce au remède miracle. Puis Freud, alors qu'il l'avait officiellement publié, certifia n'avoir jamais indiqué un tel traitement, puis,à l'instant précis où la psychanalyse était lancée, fera tout, en mentant, pour effacer la dramatique erreur de sa vie et de l'histoire. Freud pronait la cocaïne " Uber Coca", écrit rédigé par Freud faisant l'apologie de la cocaïne. C'est la cure radicale de la morphinomanie par injection de cocaïne, qui permet de « se passer d'asiles pour les intoxiqués ».
Le jeudi 5 mars 1885, fort de la reconnaissance internationale, Sigmund Freud entre en scène devant les élites de laSociété Psychiatrique de Vienne. Il fait publiquement le point sur ses expériences personnelles, ses sensations inouïes,ses publications, étend largement le champ d'application de la drogue à des perturbations que personne n'avait explorées(dépression, mélancolie, hystérie, hypocondrie, etc...), et puis édifie la société savante du Procédé-Freud contre la morphinomanie. La cocaïne est un remède sans équivalent dans l'addiction à la morphine.Dans cette conférence il n'a toujours qu'un seul cas, le même, pour lequel il utilisa « environ 0,20 g. de cocaïne par jour et le traitement dura 20 jours ». Il n'y eut pas d'accoutumance. Et, continue l'orateur, « en me basant sur les connaissances que j'ai acquises au cours de mes expériences sur l'action de la cocaïne, je conseillerais sans hésiter pour ce type de désintoxication d'administrer la cocaïne en injections sous-cutanées et par doses de 0,03 g à 0,05 g sans craindre d'augmenter les doses. »Et pourtant.
Avant la rédaction d'Über Coca (été 1884), Fleischl était déjà dans un lamentable état, du fait du cocktail morphine plus cocaïne. Les extraits de lettres de Freud qui nous sont parvenus le qualifient de « pitoyable », gisant par moments inanimé à force de souffrir, au bout d'une semaine de traitement, dès les premiers jours de mai 1884. Freud ne pouvait se faire aucune illusion sur le poison, car, écrit-il à Martha le 12 mai, « avec Fleischl les choses vont si mal que je ne puis me réjouir d'aucun succès ». Freud et d'autres amis médecins durent se relayer pour visiter le malade et le veiller régulièrement. Sa dégradation fut rapide pendant la rédaction de l'article apologétique. Le 12 juillet, quelques jours après la parution de Über Coca, puis en octobre 1884, Sigmund rapporte encore à Martha que son malade continue son intoxication.
Cas classique de Freud : Dora, le Petit Hans, l'homme aux rats, le président Schreber, et l'homme aux loups.
Taine « rien de plus dangereux qu'une idée générale dans des cerveaux étroits et vides : ils sont comme vides, elle n'y rencontre aucun savoir qui lui fasse obstacle ; comme ils sont étroits, elle ne tarde pas à les occuper tout entier. Dès lors ils ne s'appartiennent plus, ils sont maïtrisés par elle ; elle agit en eux, et par eux ; au sens propre du mot, l'homme est possédé ».
[...]
Après avoir enduré d'horribles souffrances pendant des années, Ernst Fleischl von Marxow mourut
misérablement en 1891, à 45 ans, toujours morphinomane et cocaïnomane.
x Assoifée d'argent : UNE AFFAIRE DE FRINK ET DE BIJUR
La lamentable histoire d'Horace Frink est encore inaccessible en France, et exige d'assembler des éléments
disjoints, d'accès bien difficile. Les archives familiales du principal intéressé furent publiées seulement, mais en partie, en 1988. Depuis ces publications l'hypocrisie et la mauvaise foi ne sont plus possibles.
L'affaire commença aux États-Unis, où Abraham Brill avait fondé en 1911 la société psychanalytique de New York, et Ernest Jones (alors à Toronto après une accusation pour attentat aux m½urs) l'association américaine de psychanalyse, la même année. A l'époque les deux hommes étaient en concurrence dans la politique expansionniste de Freud. Le premier représentait l'idéal américain du réalisme pragmatique, celui de l'efficacité (un danger redoutable pour Freud), et prônait l'exercice strict de l'analyse uniquement par des médecins. Jones par contre valorisait une implantation plus généreuse de l'orthodoxie de la maison mère sur le nouveau continent, à conquérir même au prix d'une dé –médicalisation de l'entreprise. Abraham Brill gouvernait avec autorité mais sans finesse sa prestigieuse société ; bien qu'accommodant, il était très difficile à man½uvrer à distance depuis Vienne. Dès lors, si le contrôle de Vienne était aisé sur l'association fidèle de Jones, le pouvoir lui échappait sur la société de New York.
Fort opportunément Horace Frink, alors secrétaire de la société de New York et déjà analysé par Brill, va se présenter, 19 Berggasse à Vienne, pour une analyse. Humble, charmant et subtil, ce jeune psychiatre de 38 ans a — du moins jusqu'à sa rencontre avec Freud en février 1921 —, une excellente réputation quant à ses talents et à son équilibre mental. Frink, selon Freud, est prometteur et malléable, et pourra servir avantageusement la cause, puis être intronisé légat à New York lors des prochaines élections, après son initiation.
Pendant cette première analyse qui va durer plusieurs mois, Herr Professor apprend vite de Frink qu'il avait fait de la multimillionnaire américaine Angelika Bijur — sa propre patiente depuis 1912 —, également sa maîtresse. Bonne aubaine. Sans consulter l'épouse de Frink ni a fortiori le mari d'Angelika, Sigmund Freud promet aussitôt à Frink le bonheur s'il abandonne sa femme Doris Best et ses deux enfants pour se remarier avec Angelika. C'est le remède viennois. Frink, en proie à des doutes et scrupules moraux, hésite à prendre une telle décision et sombre dans un conflit teinté de dépression. En juillet 1921 il est encore à Vienne sur le divan, bien tourmenté. Freud le convainc de faire venir sa patiente maîtresse, afin d'éclaircir la situation et de lui annoncer la bonne nouvelle. Angelika Bijur rencontre donc Sigmund Freud — qui la plaça sur le divan elle aussi. Le Viennois lui suggère de divorcer du riche financier Abraham Bijur, pour avoir raison de son existence incomplète et parce que, si elle quittait Horace maintenant,Frink ne deviendrait jamais normal et succomberait à l'homosexualité. Il conseille aussi de mettre les choses au point avec Abraham Bijur, le mari que les deux amants vont placer brutalement devant le fait accompli.
L'autorité et la bénédiction de Freud ont un poids énorme et malgré sa honte, Frink, subjugué, se soumet : il informe son épouse Doris Best du bonheur familial sur ordonnance. Puis à l'automne 1921, comme le scandale gronde à New York où les autorités sont informées, il incite Doris à prendre le large avec sa progéniture. Effondrée, désespérée, celle -ci obéit et erre, sans argent, d'hôtels en pensions de famille, avec les deux enfants d'Horace. En mars 1922 Doris et Angelika font chacune une demande de divorce.
Abraham Bijur, le mari bafoué qui doit se faire aider par un psychiatre, est moins complaisant que Doris Best. Il envisage un procès contre Freud pour extorsion de fonds, et se prépare à publier une lettre ouverte dans un journal de New York attaquant la conduite immorale du docteur viennois, qu'il qualifie de charlatan au passage, et ses dérives par rapport à l'éthique médicale, pour avoir délibérément brisé deux familles sans tenir compte des avis ni des souffrances des principaux intéressés. Freud, informé du billet d'humeur, le juge fou, et répond que chaque être humain a droit à la gratification sexuelle et à l'amour tendre s'il ne les a pas trouvés avec son conjoint, rhétorique qui n'est pas un compliment pour celui d'Angelika, ni pour l'épouse de Frink.39 En mai 1922 Abraham Bijur meurt opportunément avant la publication de son libelle, ce qui met fin à toute menace de procès. Angelika hérite, et le divorce n'a pas à être prononcé.
Quelques semaines plus tard, Horace Frink, atteint d'une dépression majeure à forte charge de culpabilité, doit reprendre une dose d'analyse viennoise. Mais son état mental se dégrade encore chez Freud. Fin 1922, pendant cette nouvelle analyse, il présente une décompensation sévère, avec délire, hallucinations, dépersonnalisation, de gros troubles de l'humeur alternant détresse et agitation qui obligent Freud à le faire contenir physiquement et surveiller. A Abram Kardiner — d'abord analysé par Frink puis, à la même époque que lui, 19 Berggasse Freud montrera deux photographies, l'une prise avant l'analyse, l'autre après. Sur la dernière Frink, défait, lamentable, avait perdu plus de 20 kilogrammes en quelques mois. Kardiner est stupéfait, mais pour le soulager Freud s'explique : « voilà ce que fait l'analyse. » Cependant, les élections à la société de New York approchent et il faut précipiter les événements. Dès lors, le 23 décembre 1922, Sigmund Freud déclare soudain à son malade que tout est terminé, qu'il est guéri, qu'il contrôle sa névrose — en dépit de toute évidence —, et donc doit se marier, maintenant que les conditions du bonheur sont réunies grâce à son analyse. De fait, quatre jours plus tard, la financière Angelika Bijur épouse enfin à Paris Horace Frink, lequel est dans un état pitoyable de stupeur. En janvier 1923 Horace Frink est quand même élu président de la société, et l'entreprise politique est achevée. Brill ayant été écarté grâce à différentes pressions occultes, les coudées sont franches et Frink reçoit de Vienne l'ordre de réorganiser une société psychanalytique qu'il faut mettre au pas. Ce que Frink va servilement exécuter, du moins pendant quelques temps.
Abraham Bijur était décédé en mai 1922, avant le remariage d'Angelika, et en mai 1923 Doris Best meurt à son tour de désespoir et d'une infection pulmonaire. Les deux enfants Frink sont alors confiés à leur père Horace. L'équilibre mental de ce dernier se dégrade encore, notamment à l'automne 1923. Frink « semble avoir succombé à quelque psychose », écrira Freud alors qu'il l'avait déclaré guéri fin 1922.
Toute la société de New York est déjà informée des conditions du mariage arrangé par le Viennois pendant la querelle de pouvoir, et de l'état mental de Frink, car Freud, toujours indélicat, faisait état du contenu de son analyse à Abraham Brill depuis 1921. Puis en mars 1924 Brill doit lire en public, en l'absence de Frink qu'il remplace à la société, une lettre de Freud rapportant son incapacité mentale. Frink apprenant sa bonne fortune, annoncée en un tel lieu par son premier analyste informé par le plus grand de tous, s'effondre et se fait admettre dans l'institution psychiatrique de l'hôpital John Hopkins à Baltimore. Angelika, victime d'un état dépressif, part de son côté en Scandinavie avec les enfants, tandis que Frink continue sa dégradation, dans un mélange de remords et de colère contre Freud, ne comprenant pas qu'il lui ait assuré fin 1922 qu'il était guéri. Angelika demande le divorce en juillet 1924, puis Horace Frink tente plusieurs fois de mettre fin à ses jours par différents moyens, dont une grave section artérielle. En 1925 le divorce est prononcé, Frink reprend ses enfants, et ...continue la pratique psychanalytique.
Mais d'hospitalisations psychiatriques en rechutes graves, il finira par mourir dans un hospice à 53 ans, en avril 1936. Un an avant sa mort Horace Frink répondit malgré tout, à sa fille qui lui demandait s'il avait un message à transmettre à Freud : « dis-lui qu'il était un grand homme, même s'il a inventé la psychanalyse »...
Le pouvoir était en jeu dans cette affaire, certes, mais aussi l'autre nerf de la guerre.
Dans un courrier de 1916 à Sandor Ferenczi, Sigmund Freud, rapportant avec amertume la situation financière de son clan, avait déjà fait un accès de colère et de jalousie à propos d'une donation importante (équivalant à plusieurs millions de dollars actuels) de la famille Rockefeller à Carl Jung, lequel était parvenu « à instaurer le lien recherché avec l'argent américain. »
Son Altesse Royale Marie Bonaparte, héritière princière et du casino de Monte-Carlo, Dorothy Burlingham fille du joaillier Tiffany, la famille de Ruth Mack-Brunswick, dont le père Julian fut très généreux et un ami personnel du président Franklin D. Roosevelt, le milliardaire Max Eitingon, Muriel Gardiner (millionnaire de gauche), et puis d'autres, ont tous largement contribué par leurs fortunes à l'expansion du mouvement. Le riche brasseur industriel Anton von Freund fut un de ces nombreux mécènes que Freud avait placés sur son divan. Il légua 11.000 couronnes à Freud. Après la disparition de von Freund, Abraham Brill offrit à son tour 1800 dollars début 1920. Puis l'argentier milliardaire de la bourse Max Eitingon lui avait remis un million de couronnes.44 Mais ce n'était toujours pas suffisant pour Freud, car écrivait-il (1920) « nos frais vont augmenter, mais il n'y a pas d'aide, nous avons besoin d'argent : de l'argent –de l'argent. »
Il était depuis longtemps évident pour Angelika Bijur, comme il l'avait été pour feu son mari Abraham, que Freud avait poussé au mariage comme un moyen de financer le mouvement freudien et d'accroître son emprise dans l'expansion aux USA. Elle payait tout depuis le début : pour que Frink poursuive sans souci son travail quand il en était capable, sa psychanalyse à Vienne, ses déplacements, ses frais d'hébergement à l'hôtel, sa propre analyse par Freud avec des honoraires énormes, suffisants pour l'entretenir deux années, et les factures des hospitalisations d'Horace. Elle comprend enfin : « je n'ai pas encore rencontré un seul analyste qui ne me paraisse manifestement névrosé, perdu dans sa théorie et incapable de composer avec la vie. » Hormis sans doute certains aspects de la vie. Quand, au printemps 1924, Angelika informa Freud que son mariage avec Horace était en train de virer au chaos, le télégramme lui répondant de Vienne n'était plus susceptible de la détromper : « vraiment navré. Ce en quoi vous avez échoué est l'argent.»
Angelika B. était, bien qu'il l'eut analysée, sans doute un obstacle pour Freud, car, clairvoyante, elle « était intraitable sur les questions d'argent ».De son côté le Viennois était, au moins à cet égard, très réaliste, et dès 1909 il avouait à son futur concurrent en la matière, Carl Jung, « surtout ne pas vouloir guérir, apprendre et gagner de l'argent ! Ce sont les représentations de buts conscients les plus utilisables. »
En novembre 1921 Freud s'était fait extrêmement pressant auprès de Frink assujetti sur le divan, dans des
interprétations très persuasives : « puis-je vous suggérer que votre idée selon laquelle Mrs B. [Angelika Bijur] aurait perdu une partie de sa beauté peut être interprétée comme une perte de son argent ? Votre complainte comme quoi vous ne pouvez maîtriser votre homosexualité implique que vous n'êtes pas encore conscient de votre fantasme de faire de moi un homme riche. Si les choses se déroulent convenablement, transformons ce don imaginaire en contribution réelle au financement de la psychanalyse. »
Ce mariage devait enrichir La Cause. Mais enfin, écrira Freud plus tard, « à quoi servent les Américains, s'ils n'apportent pas d'argent ? Ils ne sont bons à rien d'autre. Mon effort pour leur donner un chef en la personne de Frink, qui a si tristement avorté, est la dernière chose que je ferai jamais pour eux [...] Frink me semblait avoir un esprit clair et une belle intelligence. J'avais placé tous mes espoirs dans sa personne, bien que ses réactions en cours d'analyse fussent de nature psychotique. »51 Dans cette lettre à Ernest Jones le ton de Freud est furieux, mais il n'a aucun remords, son intention était pure — sans doute avait-il ici, comme dans l'affaire Fleischl von Marxow, « les meilleures intentions du monde » —, et il est en règle avec sa conscience.
S'agissait-il d'une extorsion ?
En tout cas deux familles — dont Freud ne tint aucun compte — et l'équilibre mental de Frink, avaient été ruinés, puis lesdeux époux abandonnés étaient morts. De toutes façons, estimait Sigmund Freud, il n'y a pas de scrupule à avoir, car« l'affaire n'était pas si mauvaise en un sens moral... »53 Encore une fois ce cynisme nous fait demander avec Frederick Crews si « le discernement de Freud et l'analyse ont jamais fonctionné avec suffisamment d'indépendance par rapport à ses désirs. »
x Divers :
Comme pr ts les régimes totalitaires, il convient de « s'incliner devant une idéologie à la cohérence extrêmement rigide et fantastiquement fictive »
Hannah Arendt dénonce « le totalitarisme, une fois au pouvoir, remplace invariablement tous les vrais talents... par ces illuminés et ces imbéciles dont le manque d'intelligence et d'esprit créateur reste la meilleure garantie de leur loyauté »
« la psychanalyse est une passion non une science. Il lui manque la fermeté de l'investigateur. En fait, c'est précisément ce défaut qui singularise le psychanalyste. Il aime et déteste son patient, il envie sa liberté et son pouvoir et son affaire est de ramener ses forces au niveau de sa propre faiblesse. Elle affirme que l'artiste sublime un défaut parce qu'il se sent incapable. La psychanalyse est, en réalité, un acte de revanche par lequel l'infériorité du psychanalyste est transformée en supériorité. Le patient tend naturellement à se soumettre au médecin. C'est pourquoi, aujourd'hui, n'importe quel idiot veut traiter son génie. Peu importe comment le médecin s'efforce d'expliquer le génie, tout ce qu'il arrive à faire est de montrer qu'il en est dépourvu » Karl KRAUS
Freud a révélé non ce qui était caché mais ce qu'on cachait, ce que des années de censure puritaine avait dissimulé « le lecteur de pensées lit simplement ses propres pensées dans celles des autres » FLIESS trouvés, Watson, parce que je les cherchais''). Comme le dit H.Arendt, les chefs d'un parti totalitaire "vont plier la réalité à leurs mensonge... la propagande se distingue par un mépris radical pour les faits...les faits dépendent entièrement du pouvoir de celui qui peut les fabriquer.''
Freud finit par fonder cette symbolique sur le langage selon des racines qu'il estimait universelles. Cette
symbolique, Freud affirme que le rêveur l'utilise mais que sa connaissance est inconsciente178. Il faut chercher son origine dans le sens primitif des mots179, dans "une langue fondamentale"180. De nombreuses racines se seraient ainsi formées, à l'origine, à signification sexuelle mais ayant fini par la perdre : "Les mythes ont également une origine sexuelle. Les mythes sont les rêves d'un peuple''181. Dès lors le symbolisme est fondé "sur la pensée archaïque universelle, folklore,mythes, religions, langage''182.
Dans l'introduction à son livre "Les Progrès de la Conscience dans la philosophie occidentale'', Léon Brunschvicg définit ce qu'est pour la philosophie l'opposition entre l'homme venant d'occident et celui venant d'orient : "Un homme qui, n'ayant d'autre intérêt que le vrai, s'appuie à l'intellectualité croissante d'un savoir scientifique pour s'efforcer de satisfaire l'exigence d'un jugement droit et sincère ; l'autre qui s'adresse à l'imagination et à l'opinion, se donnant toute licence pour multiplier les fictions poétiques, les analogies symboliques et leur conférer l'apparence grave de mythes religieux''.
Freud avait échoué dans l'interprétation des rêves du philosophe Gompertz, lequel n'avait pas offert
de « résistance » ; le Viennois expliqua à Fliess qu'il « est aisé pour un philosophe de transformer une résistance interne en réfutation logique »
Après avoir découvert le sens d'une action, il faut faire admettre ce sens à ce patient. C'est ce que Freud prétend faire. Il n'en est rien, ce que le psychanalyste veut ce sont des aveux, obtenus par quelqu'un qui sait, avant toute enquête, ce qui doit être, auprès de quelqu'un qui refuse d'admettre ce que l'autre veut qui soit. Comme nous le savons, cette résistance devient la preuve du refoulement. On est exactement dans les procès bolcheviques. Il faut absolument persuader l'autre d'admettre une vérité dans l'intérêt du système dont il fait partie grâce au transfert. Tout le sens de la technique est là.
Freud procède par "association libre'' (la règle fondamentale : dire tout ce qui passe par l'esprit) et interprétation symbolique.
Il suffit de lire les quelques observations reportées par Freud pour s'apercevoir qu'il guide l'association des idées, en prétendant toujours qu'il y a encore quelque chose à découvrir, en orientant le sujet vers ce que le psychanalyste attend, si besoin en lui fournissant le sens symbolique de son contenu. On va donc du symbole à l'association libre et de l'association libre orientée et guidée au symbole.
Le transfert est la relation même qui conduit le récepteur, cérébralement vidé de toute possibilité de réflexion rationnelle et soumis au maître, à partager l'idée que lui offre l'analyste doté de la connaissance parfaite et infaillible. L'isolement cognitif et affectif livre le disciple au maître. C'est ainsi que se présente le chef d'un totalitarisme : "Le chef est infaillible, il ne commet pas d'erreur, il a toujours raison''193.
Contredire c'est résister et résister demande expressément une psychanalyse et seule une psychanalyse réussie fait cesser toute opposition. Il est hors de doute que le critère de réussite d'une psychanalyse est l'obtention de l'accord parfait. C'est-à-dire que la notion théorique de résistance rend totalement impossible une proposition contraire au système, ce qui pourrait s'entendre tout aussi bien comme l'affirmation qu'aucune proposition ne peut être contraire au système ou encore qu'il n'existe aucune proposition qui ne soit contenue le système.
Le témoignage de Leo Einsenberg, professeur de psychiatrie de l'enfant à Harvard, n'a donc rien d'original : ''Ici, les chaînes étaient à l'intérieur. Pour devenir un chercheur en psychiatrie, vous deviez être psychanalysé et si l'analyse était pratiquée par quelqu'un qui savait que sa théorie était vraie, une des choses qu'il avait faire était de traiter votre scepticisme comme un symptôme''. Et il ajoutait : "De cette façon, il n'y avait pas de moyen de s'en sortir, vous étiez piégé par votre intérêt à faire des recherches de valeur''.194
La psychanalyse n'use pas des moyens habituels d'administration de la preuve en raison même de son essence propre qui lui interdit cette voie. Sa transmission à autrui, sa propagation, son acceptation passe nécessairement par une relation duelle au cours de laquelle l'enseignant se mue en maître spirituel et l'enseigné en disciple195. Cette relation privilégiée et obligée est centrée sur le transfert qui va du disciple au maître. Sans transfert, pas d'acceptation par un esprit rationnel, bien entendu, du contenu de la doctrine. Au cours du transfert, on va isoler à deux titres le disciple d'une part du fonctionnement de sa raison d'autre part de toute relation sociale autre que celle qu'il entretient avec la maître.
Pour posséder dans sa totalité un esprit il convient de le vider, de le séparer de toute attache qui réduirait et rendrait impossible l'½uvre de possession. H. Arendt considérait que le totalitarisme avait besoin d'individus isolés et acculturés :
"Le principe caractéristique de l'homme de masse n'est pas la brutalité ou le retard mental mais l'isolement et le manque de rapports sociaux normaux''. "L'atomisation sociale et l'individualisation extrême précèdent les mouvements de masse''. Elle continue ''le totalitarisme sont des organisations massives d'individus atomisés et isolés''196. Taine montrait que le jacobinisme détruisait toute réalité sociale organique : "Entre les individus il ne doit subsister qu'un lien, celui qui les attache au corps social ; tous les autres nous les brisons nous ne souffrons pas d'agrégat particulier ; nous défaisons de notre mieux le plus tenace de tous, la famille''.
Freud isole le sujet, le réduit à sa relation à lui en donnant de la famille une peinture effroyable.
Mais ces deux leviers ne produiraient pas leurs effets si les interprétations données au sujet sur sa vie secrète et ses intentions profondes ne produisaient un bouleversement émotionnel, souvent dramatique, où ses plus sincères attachements balayés, ruinés vont apparaître comme autant d'illusions forgées par lui-même et destinées à dissimuler ses atroces et odieux désirs d'incestes, de meurtres, d'aberrations sexuelles insupportables, le tout engendrant une culpabilité insoutenable.
Freud trouva dans les pratiques de l'inquisition son modèle thérapeutique "Je rêve ainsi d'une religion du diable extrêmement primitive dont les rites s'exercent en secret et je comprends maintenant la thérapeutique rigoureuse qu'appliquaient les juges aux sorcières. Les liens de connexions ne manquent pas''198. Freud utilisait les 3 croix pour conjurer le malin. Dès lors l'évidence est manifeste pour Freud : "Pourquoi est-ce que les confessions faites sous la torture, ressemblent tant aux communications faites par nos malades en cours de traitement ?".
Dès lors, le psychanalyste s'offre comme la seule solution à la névrose désespérée qu'elle a engendrée. ''Le patient apparaît désorienté, dépendant et avide de trouver une solution réconfortante venant du thérapeute''. Ici encore on voit les effets du concept central de défense, de résistance. On se défend contre des idées inavouables, dont on a honte et la psychanalyse brise les défenses et vous met à nu.
Il s'agit donc d'une entreprise de suggestion où la vérité est imposée au disciple par un rituel initiatique et une
manipulation affective jusqu'au terme où la vérité de la psychanalyse est révélée tout à la fois au maître et au disciple dont les existences se renforcent et se justifient. De la sorte le seul moyen permettant de prouver les assertions psychanalytiques est la relation sur le divan qui est elle-même biaisée par Freud qui va suggérer aux sujet ses propres idées pour paraître les retrouver ensuite.
Ce qui nous trompe c'est qu'une fois installée l'idéologie totalitaire n'a plus à prouver sa véracité, elle est admise comme allant de soi, à l'instar des vérités éternelles, et tout doute devient un sacrilège laïque : "Les mouvements totalitaires cessent d'être obsédés par les preuves "scientifiques'' dès qu'ils sont au pouvoir''202.
Le terme de l'initiation est la fin de la psychanalyse, le moment où l'analysé est devenu lui-même psychanalyste selon les critères définis par les organes détenteur du pouvoir à un certain moment donné et en un lieu donné. La vérité de la psychanalyse est donc confirmée, encore une fois, puisque le disciple est devenu maître.
Taine, Les Origines..., vol.2, p.68 et ''Dès lors les affections et les obéissances ne se dispersent plus en frondaisons vagabondes ; les mauvais supports auxquels elles s'accrochaient comme des lierres, castes, églises, corporations, provinces, communes ou familles, sont ruinés et rasés, sur ce sol seul nivelé l'État seul reste debout et offre seul un point d'attache ; tous ces lierres rampants vont s'enlacer en un seul faisceau autour du grand pilier central'',
Dans "L'Interprétation des Rêves'' un rêve échappant à l'explicationpar le désir est récupéré par le désir de s'opposer à sa théorie.
La Sainte Inquisition permettait la défense de la personne accusée de sorcellerie mais le défenseur ne pouvait être que l'incarnation de la sorcellerie donc son existence même, en tant que défenseur d'un sorcier, confirmait le bien fondé de l'accusation. "Un manuel manuscrit à l'usage des inquisiteurs leur enjoint de poursuivre comme fauteurs d'hérésie les avocats qui accepteraient de défendre des hérétiques''. Ce devint ''un principe reconnu du droit canonique qu'un avocat d'hérétique devait être suspendu de ses fonctions et noté d'infamie à perpétuité''. On comprend l'admiration de Freud pour cette vénérable institution.
Toute opposition extérieure, toute mise en question sera la vérification du système puisque la proposition adverse sera traitée comme l'opposition d'un adversaire qui sera discrédité comme affecté d'incompétence mentale. ''Les hommes en général se comportaient à l'égard de la psychanalyse précisément de la même façon que les névrosés en cours de traitement pour leurs troubles... La situation était à la fois alarmante et réconfortante. Alarmante parce que ce n'était pas un mince affaire que d'avoir tout le genre humain comme patient et réconfortante parce tout se réalisait après tout comme les prémisses établies par la psychanalyse l'avaient prévu.''
"Nous traitons nos adversaires comme des malades''. Ce qui signifie deux choses.
D'abord, que tout énoncé théorique est intégré à la relation avec l'analyste. Mais, ensuite et par là même, la proposition est intégrée au système totalitaire où une opposition à l'analyste est totalement exclue puisque parfaitement conforme au système. Être en accord ou être en désaccord est parfaitement compatible avec le système. En effet, toute opposition dans ce système est, par essence, une résistance à l'interprétation de l'analyste. Le totalitarisme renferme l'homme tout entier et ne laisse rien en dehors de lui-même. ''Les mouvements totalitaires posèrent leur supériorité, dans la mesure où ils étaient porteurs d'une Weltanschauung qui leur permettait de pendre possession de l'homme dans sa totalité''.En
cherchant à définir la singularité du jacobinisme, Taine le compare aux despotismes de l'histoire, il trouve que ce qui le caractérise c'est qu'il ne laisse rien à l'homme en dehors de ce qu'il lui impose, "ne rien laisser en lui qui ne soit prescrit, conduit et contraint''.
Un tel mécanisme caractérise à ce point le mouvement totalitaire que le piège se referme naturellement sur
l'accusateur qui devient accusé à son tour. Depuis son origine, le mouvement psychanalytique connut des opposants qui se virent appliquer le broyeur totalitaire et rejeter dans la catégorie infamante des perturbés mentaux. O.Rank, Ferenczi, Bleuler, Jung furent, parmi d'autres les victimes de ce procès, eux qui, avant de succomber à leur tour, avaient porté les mêmes accusations sur d'autres. Bien évidemment, les victimes pouvaient aussi bien se défendre en mettant l'accusateur dans la même situation. La fin de la correspondance entre Freud et Jung en témoigne, à merveille.
Freud fut séduit par l'affirmation de l'avocat de la défense dans "Les frères Karamazov'' qui, récusant l'accusation, rejette toute argumentation psychologique parce qu'on peut y défendre des thèses contraires, la psychologie étant "une arme à double tranchant'' (en Russe, littéralement, "un bâton à deux bouts''). L'avocat en effet, répondant au procureur, évoque ''La subtilité de la psychologie qui nous attribue dans telles circonstances la férocité et la vigilance de l'aigle, et l'instant d'après la timidité et l'aveuglement de la taupe''. C'est alors que Freud, adoptant, sans état d'âme, cette tactique, quand il reçoit en retour ses propres arguments retournés contre lui, dit "pouce'' et siffle la fin du jeu. Dans une note de son article "La sexualité féminine'' (1931)213, il prévient les critiques qui, s'opposant à sa théorie, tenteraient de
le faire en le psychanalysant. En effet il vient d'affirmer que la femme, dans son évolution, doit renoncer au phallus atrophié, que représente le clitoris, pour admettre le vagin. Il avertit les psychanalystes, féministes ou femmes, qu'il n'admettra pas le genre de critique, lui reprochant de justifier théoriquement un "complexe de masculinité'' visant à dominer et à réduire les femmes. Car "cette espèce d'argument psychanalytique nous rappelle ici, comme il le fait souvent, le fameux argument de Dostoïevski de l'arme à double tranchant. Les opposants, de leur côté, penseront qu'il est tout à fait compréhensible que les membres du sexe féminin puissent refuser une notion qui semble contredire une égalité si ardemment convoitée avec les hommes. L'utilisation de l'analyse comme arme de controverse manifestement n'aboutit à aucune décision''.
-/> Nous sommes dans une culture dont la psychanalyse est une partie, même les auteurs critiques de Freud
peuvent encore ressentir sa séduction et rêver, avec Renan, qu'on est quitte envers sa foi "quand on l'a soigneusement roulée dans ce linceul de pourpre où dorment les dieux morts''.
---- cf : http://www.douance.org/psycho/psycha-realites.pdf ----
NB :
xx C'est long.. Ceux qui en ont envie peuvent lire.. J'hallucine , j'hallucine tellement.. La France croit tellement.. Tellement RIEN !
La psychanalyse , en France, est bien encrée. Aux USA, Angletterre.. on l'a dépassé..
xx Problématique de la psychanalyse encrée :
Bruno BETTELHEIM , soi-disant psychanalyste ( aucune étude prouvée) , et personne apparement calée en matière d'Autisme avança que l'Autisme était causé par les mères car elles étaient mauvaises. Bien sur , vous rirez si vous lisez cela.. Des preuves génétiques ont été apportées. Et puis tout simplement même s'il existe de mauvaises mères, toutes leurs progénitures n'est pas pourtant autistes..
On pense à l'heure actuelle que cette abérration est bannie.. Hé bien.. Non! Récemment j'ai discuté avec une prof de psychologie.. Et que m'a t-elle dit? En étant à une conférence elle avait entendu un pédopsychiatre avançant cette idée.. En disant que le bébé "créé" des canaux génétiques à cause des mauvaises mères..
Des défenses physiologiques pour se protéger de sa mère? L'attitude est absurde.. Les arguments effrayants..
xx La psychanalyse à fait beaucoup de morts. N'a pas réellement "guéri".. Les dégâts ne sont pas jolis. Cesser de croire aux moeurs et faites vous vos propres idées car le silence n'est pas toujours qualifié de bon.